[DZBlogDay] La mort après la vie.

 

Il y ‘a un an Bouazizi a agi…

Changer !…Plutôt mourir. D’ailleurs ce sont uniquement eux qui peuvent changer…eux les vrais morts. Nous ! Nous somme des vivants…et des bons. Demandez à Bouazizi, il en sait quelque chose. Tout ce qu’il a de plus significatif dans sa vie c’est sa mort, il a tout réalisé de l’au-delà. Pendant que certains passent toute une vie à écrire une œuvre, lui, toute son œuvre est posthume. Bouazizi, c’est le seul mort qui vie encore.

Lui, et seulement lui, peut parler du changement. Toute autre tentative n’est que grotesque parodie. Ça me donne envie de se donner la mort, mais j’ai peur de la rater et de retrouver la vie. Comment ? Un pistolet sur la tempe ! Non ça ne me tente pas. Une overdose ! Je n’en ai pas les moyens. S’immoler (tiens! je l’imite déjà) ça me semble pas mal, notamment dans ce pays où le liquide inflammable n’est pas ce qui manque…j’ai besoin de courage seulement, justement, ça manque cruellement ici. Mais tout ça pour accéder au statut d’un « mort » dites-vous ? Pas du tout, j’en ai pas le gabarie, je suis un tout petit bonhomme, le cercueil d’une telle « mort » est fait pour en accueillir les grands.

Après tout çà, on nous demande d’écrire un texte? Sur quoi ?….le changement…pourquoi faire ?…changer…oui mais quoi ? … L’échec, le chaos, la pourriture. Facile, dirai-je, puisque les bienpensants, moralisateurs d’un organe quasi goebbelsien “écrivent” aussi. El-Chorror, un média digne du troisième Reich ou à défaut un quatrième mandat. Aujourd’hui, on va (y compris moi) nous faire noyer (ce que je fais maintenant) sous un déluge de lettres attachées, et d’autres détachées. Des mots, exprimant l’ensemble des maux. Des phrases à la voix active mais la plupart sont muettes. Des propos bien façonnés, construits…mais ce déluge de mots ne construira jamais un Arche. C’est vrai, qu’écrire est plus facile quand on n’a rien d’autre à faire. On ne risque rien, au pire deux doigts accroché entre les lettres d’un clavier. Ce qui donne : Blablablablabla…enlève ta main on a compris.

Bon revenons à ces trois choses, c’est-à-dire le changement. Le premier…c’est simple, devant l’évidence de l’échec du changement, tout le monde se lance dans le changement de l’échec…c’est une évidence. Résultat, l’anarchie n’étant pas loin, elle s’installe maintenant, mieux …ça tourne au chaos. Désormais le chaos est vérifié, il n’est plus une théorie (le seul coté positif de la chose), on le pratique à longueur de journée. Et pour cette année nous aurons la joie de le vivre un jour de plus…le 29 février, autant le dire maintenant, ça n’arrive qu’une fois par mandat…profitons-en.

A nous maintenant, pourriture ! J’en fais parti (comme tout le monde), plutôt c’est mon âme qui est atteinte, mon corps est bien conservé, juste quelques ridicules modifications dans l’espace faites par le temps. En effet, si pour broyer les corps et les âmes, la mécanique est toujours la même, les résultats pourraient être totalement divergents. C’est mon cas, une transformation radicale, mais ce n’est pas ce que je veux. J’aimerai vivre une autre métamorphose, pareille que celle de Kafka. Se réveiller un jour, ou plutôt une nuit, pour constater que tous les autres sont des vivants …sauf moi, j’en rêve encore. Bref, sur le changement celui qui écrit prêche un convaincu sans être lui-même convaincu du changement, puisque il écrit.

Voilà le pamphlet, tout est dit, ou presque, ai-je agi ? Non. C’est ce que je m’apprête à faire d’ailleurs, puisque on me le demande à moi. Drôle de demande pour un drôle de citoyen. Car, le responsable n’a pas le temps pour agir, alors il a confié sont travail au temps…le temps a du boulot.

L’action! Oui, j’y arrive. D’abord, je regarde mon plafond (un geste), il est bizarrement incliné (une constatation), puis j’augmente le son de mon lecteur mp3 (une action, tien !), là-dedans, Mozart y joue son requiem…J’éteins mon ordi…une exécution.

PS: Ouverture exceptionnelle pour le DZBlogDay